Expulsion du mercredi 2 juillet 2014, n -> n+1

Mesdames et messieurs, je voudrais vous présenter le concept de l’expulsion n+1. Elle ne sert à rien, elle ne règle rien, au final tout le monde revient, et finit par se reposer quelque part, comme cela doit bien finir par arriver.

 

Oh! On dirait que tout est prêt pour une nouvelle expulsion n+1! Riverains, prêts à envoyer des lettres et des coups de fil, parce que hé, nous on a besoin de dormir on BOSSE (pendant que des gens meurent sous les camions, dorment dans la rue et se font taper). Bouchart, prête à apaiser les racistes et à défendre le sommeil des habitants (pour des voix aux élections). Préfecture prête, plus que prête à obtenir pour le gouvernement une qualification auprès des rastons.

 

On va jouer ce jeu indéfiniment, ne pas prendre nos responsabilités, ne pas respecter les droits des gens, jusqu’à ce qu’un jour une Marine LePen arrive au pouvoir et envoie les gens sur le voyage dont personne ne revient jamais, l’expulsion finale du pays et de ce monde. Parce que les rastons ne sont pas dupes de ce spectacle et eux non plus n’aiment pas l’expulsion n+1. Ils veulent de l’efficacité. Ils voteront l’extrême pour obtenir ce qu’on leur promet ostensiblement sans leur offrir vraiment: la tranquillité parfaite de l’état policier, la mort de la liberté.

 

Aujourd’hui les flics ont tapé plusieurs personnes gênantes en plein jour et devant témoins, sans la moindre tentative de se cacher; des gens se sont faits arrêter, frapper et gazer pour avoir accueilli des exilés chez eux. Demain, ils les tabasseront, ou ils les emmèneront dans un champ et on ne les reverra plus. L’état deviendra enfin la machine que personne ne pourra plus stopper ni même gêner. Déjà les policiers d’aujourd’hui, ceux de l’expulsion n+1, ont pour la plupart le comportement de machines sans pensée et sans cœur. Ce comportement leur permettra de s’adonner à des actions de plus en plus violentes.

 

Demain donc, les fascistes de France pourront enfin dire que le peuple est fort, car ils ne font pas de différence entre eux, le peuple et l’état. Ils sont les collectivistes par excellence, ils s’identifient parfaitement à l’action de la police et de l’armée. Le sacrifice à la nation est leur crédo à tous; et tout comme ils se sacrifient, ils voudront que les autres se sacrifient aussi. Car, au nom de quelle justice eux devraient-ils se sacrifier, et pas les autres? Nous serons tous estampillés nationalement conformes ou nous serons incarcérés, ‘rééduqués’, exilés, morts ou déportés. Cela ne concerne pas les étrangers. Cela vous concerne vous, les lecteurs qui pensent être à l’abri chez vous.

 

A lire le blog Passeurs d’hospitalités pour plus d’informations sur l’expulsion du 2 juillet. Et surtout le billet ‘Expulsions à Calais: ça part en quenouille’.

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M. Dupont-Aignan veut fermer les frontières

On ne rigole pas.

 

En visite à Calais le 24 avril dernier dans le cadre des élections européennes, M. Dupont-Aignan a fait la déclaration suivante, après avoir rendu visite et écouté le récit des personnes exilées bloquées à Calais par la Grande-Bretagne en conjonction avec la France:

 

« Il faut que chaque pays, dont la France, retrouve le contrôle de ses frontières. Ne pas, comme dans une maison, laisser la porte ouverte. Schengen est en train de mourir, il n’a plus lieu d’être. On ne peut plus laisser ces gens à qui on a fait miroiter monts et merveilles venir vivre dans des entonnoirs comme Calais. En fermant ses frontières et en ne respectant pas les lois européennes dans ce domaine, l’Angleterre est l’exemple à suivre. »

 

Et également quand on lui demande ce qui arriverait aux migrants coincés à Calais:

 

«  Il y a des procédures concernant le droit d’asile et cela se réglera au cas par cas. Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. Je ne suis pas indifférent à leur parcours et à leur courage mais je suis un homme politique et j’ai des responsabilités vis-à-vis de mon pays. »

 

J’ai l’honneur d’informer M. Dupont-Aignan que sa première responsabilité, la plus importante, lui incombe en tant qu’être humain, pas en tant qu’homme politique. (Et oui!) Elle est de respecter les autres êtres humains de cette planète, y compris les migrants, dans tous leurs droits, y compris celui de circuler d’un pays à l’autre.

 

Je l’informe aussi que, eu égard aux étrangers hors Union-Européenne, les frontières sont vachement fermées. Les pays de départ pour l’Europe, comme le Maroc par exemple, travaillent main dans la main avec l’Union-Européenne pour faire la chasse. Une armée semi-privée, FRONTEX, patrouille les eaux et les terres. Et dans les pays européens, les étrangers hors Union-Européenne sont traqués et envoyés en Centre de Rétention avant d’être renvoyés dans leur pays, d’où ils pourront échapper à leur police secrète ou peut-être avoir la chance extraordinaire de moisir dans les merveilleux régimes qu’ils viennent juste de quitter.

 

Mais revenons aux « responsabilités. » Si sa première responsabilité, la plus importante, était envers son pays, et s’il pouvait violer les droits des migrants non-nationaux au nom de celle-ci, alors une bonne question à poser serait: si on peut les bloquer, violer leur liberté, pourquoi ne pas carrément les enfermer, les foutre tous dans un avion, autant de fois que nécessaire?

 

Posons la question autrement. Est-ce que M. Dupont-Aignan pense que ses responsabilités politiques sont à même de contre-balancer sa responsabilité de faire justice envers tout autre? Sa responsabilité légale et morale? Si la réponse est oui, c’est assez effrayant. Ça veut dire qu’il pourrait aussi mettre des français en prison arbitrairement, ou les tuer, s’il pense que la situation l’exige.

 

Ou soyons plus pertinent vu la situation de crise actuelle: il pourrait mettre des français au travail forcé. Ben oui, vous avez des droits (on vous donne du fric pour survivre), et donc vous avez aussi des devoirs (vous travaillez gratis pour nous).

 

Petit apparté: quelle horreur cette phrase. Le droit d’un homme lui appartient de naissance, il n’a rien à payer pour l’obtenir. Ce qu’on appelle les « droits » dans cette phrase, ce sont des aumônes que l’état nous jette pour pas qu’on gueule trop fort, et maintenant il se sert de ça pour nous faire culpabiliser. Merveilleux.

 

Mais en réalité, ce que M. Dupont-Aignan voulait dire, c’est tout simplement, « On n’a pas assez de sous! », ou bien entendu, « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde! » La réalité pratique délimitera toujours nos potentialités, donc, dans un sens, nos libertés; mais ici nous ne parlons pas d’un obstacle naturel de 100 mètres de haut que les migrants n’ont physiquement aucune chance de franchir. Nous ne parlons pas non plus du fait évident que nos finances publiques ont une capacité définie donc limitée.

 

Nous parlons d’une politique délibérée, la fermeture des frontières, qui a un coût humain qui se chiffre en milliers de morts, en millions d’incarcérations administratives avec tout ce que ça peut entraîner d’arbitraire et d’injuste, et un coût financier qui se chiffre probablement en milliards d’euros. Une politique délibérée, qui avant n’existait pas, qui aujourd’hui existe et qui demain pourrait ne plus exister.

 

On ne parle donc pas de réalité pratique, non. Certes, la crise, la dette sont là, mais je croyais que M. Dupont-Aignan allait tout régler avec la monnaie française et le retrait de l’Europe, et d’autres mesures souverainistes? (Il y en a même qui disent que cette dette n’est pas la nôtre, ce que je crois profondément.) On nous ferait croire qu’une solution politique à même de mettre l’économie à flot pour des dizaines de millions de personnes ne pourrait pas faire de place pour quelques milliers d’étrangers (par exemple)?

 

Désolé je ne suis pas convaincu. Un système fonctionne parce qu’il est intelligent et qu’il prend en compte un certain nombre de réalités, et particulièrement les réalités de la nature humaine. L’aspiration à une vie meilleure en fait partie, même chez les étrangers, alors je prie mes concitoyens d’apprendre à faire avec.

 

Et quand bien même nous serions sans le sou, ça ne justifiera jamais ce qui est fait aux migrants, leur liberté niée. Un problème d’argent ne justifie pas de pourchasser les gens. Les seuls qui peuvent l’accepter, ce sont les tenants de ce que j’appellerais « l’ordre naturel des nationalismes. » Nous serions tous appelés à vivre selon une destinée collective nationale, et vivre en dehors de notre pays comme essaient de le faire les migrants, ce serait nous déraciner. Ce serait anormal. Ça ne pourrait pas fonctionner. Comment est-ce que je ne peux pas voir cela?, se demandent-ils peut-être, s’ils lisent ce billet.

 

Mais d’où est-ce qu’ils tiennent ça, les Kevin Rêche et les Alexandre Gabriac? De nulle part. Ou sans doute l’ont-ils déchiffré dans leur lecture biaisée de l’histoire! Ah, ce qu’on peut imaginer déceler dans la forme des nuages, c’est fou non? Oui c’est fou. Tout ça n’est rien d’autre que de la croyance, sans fondement solide dans la réalité. Comme il est triste que ce genre de folie gouverne les hommes, au lieu de principes universels qu’on proclamait autrefois, il n’y a pas si longtemps. La justice est une science, et le nationalisme est une religion. Vous savez de quel côté je suis.

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For “piracy” and the right to digital copies

I heard we need to put an end to piracy to save the music industry. What follows is my angry and fixed conviction.

For starters, I own two blogs, and I already participated to activist papers, so I’m also a creator. There is this blog, “Justice and Anarchy“, formerly “No mercy” born from the No Borders struggle, and there is “Enriching reads,” formerly “Connection,” my translation and subtitle blog, on which I post videos and texts I subtitled, translated or scanned. My blogs recognize no rights other than attribution, as well as a certain moral claim (but non-enforceable*) to being paid; but creating a work does not mean earning the right to a perpetual rent, for yourself, your family and your descendants. Copyright law is artificial, arbitrary, positive, “unnatural,” it exists only to save the interests of a class of privileged fuckers: artists and the record companies making millions selling usually bad quality. We are all creators and sharers, especially with Facebook and other social networks, but we should forget all that and give money to Pascal Negre*.

I noticed we were considered criminals to throw in jail; Pascal Negre claims we are thieves. In truth, the real thieves are the artists and record companies living on our money extorted under threat; indeed, making digital copies is a perfectly legal act made on paid and owned computers, with paid and owned CDs, and the same goes for music sharing through the internet connection, also legally paid and usable. Where is the violation? I can send a PDF or a picture to a friend? I can also send him an MP3 and a FLAC file. Technology essentially destroyed the music industry, and it decided to shame us to save its skin and money. What they can’t stop by force, they will by using “moral” persuasion, on the basis of false principles.

The movement for “piracy” doesn’t concern itself much for principles, and yet, this is where all the evil comes from. On TV, we see an ad showing that piracy is a crime that can make an american SWAT team burst into your home. Blissful life! So we live in a police state where the “crime” of sharing music and videos on the internet is fought back with american ultra-violence? The worst is probably that the citizen in the ad is not outraged about it: the episode is only a memory that explains why he’s getting a subscription on a private channel that allows him to pay his music, when he can get it for free elsewhere. If that is not a form of theft by law, I don’t know what it is.

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* Enforceable: Opens the right to the use of force to enforce a particular objective. In a republic, a term used to mean the cops can be sent to make you do something. In anarchy, only self-defense is enforceable. That means you can only use force to defend yourself or others. Other objectives must be accomplished with free and voluntary means.

* Pascal Negre is the head of Universal France, one of the biggest record companies in the country, and a bitter opponent of freedom on the internet.

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Pour le “piratage,” ou le droit à la copie digitale

Il paraît que nous devons mettre fin au piratage pour sauver l’industrie du disque. Ce qui suit est mon avis tranché et énervé.

Pour commencer, je possède moi-même deux blogs, et j’ai déjà participé à des journaux militants, je suis donc aussi créateur. Il y a ce blog-ci, “Justice et Anarchie,” anciennement “No mercy” né de la lutte No Border, et il y a “Lectures enrichissantes,” anciennement “Connection,” mon blog de traduction et de sous-titrage sur lequel je poste des vidéos et textes que j’ai sous-titrés, traduits ou scannés. Mes blogs ne reconnaissent aucun droit d’auteur autre que celui de l’attribution, ainsi qu’une certaine revendication morale (mais non-exécutoire*) à la rémunération; mais créer une œuvre ne signifie pas gagner le droit à une rente perpétuelle, pour soi, sa famille et ses descendants. Le droit intellectuel est un droit artificiel, arbitraire, positif, ‘contre-nature’, qui n’existe que pour sauver les intérêts d’une classe de privilégiés: les artistes et les maisons de disque qui font des millions en vendant souvent de la mauvaise qualité. Nous sommes tous créateurs et partageurs, surtout avec Facebook et les autres réseaux sociaux, mais il faudrait oublier cela et donner du fric à Pascal Nègre.

J’ai remarqué que nous étions considérés comme des criminels à jeter en prison; Pascal Nègre prétend que nous sommes des voleurs. En réalité, les vrais voleurs sont les artistes et les majors qui vivent de notre argent extorqué sous la menace; en effet, la copie digitale est un acte parfaitement légal réalisé sur des ordinateurs payés et possédés, avec des CD payés et possédés, et il en va de même du partage de musique par connexion internet, elle aussi légalement payée et utilisable. Où est la violation? Je peux envoyer un PDF ou une image à un ami? Je peux aussi lui envoyer un MP3 ou un fichier FLAC. La technologie a essentiellement détruit l’industrie du disque, et celle-ci a décidé de nous mettre la honte pour sauver ses fesses et son fric. Ce qu’ils ne peuvent pas empêcher par la force, ils le feront en utilisant la persuasion “morale,” sur la base de principes faux.

Le mouvement pour le “piratage” s’occupe assez peu du terrain des principes, et pourtant, c’est de là que tout le mal découle. Nous voyons à la télé une publicité qui montre que le piratage est un crime qui peut faire venir une équipe du SWAT américain chez vous. Quel bonheur! Nous vivons donc dans un état policier où le “crime” de partager de la musique et des vidéos par internet est combattu par l’ultra-violence américaine? Le pire, c’est sans doute que le citoyen de la pub ne s’en indigne pas: cet épisode n’est qu’un souvenir qui explique pourquoi il prend un abonnement à une chaîne privée qui lui permet de payer sa musique, alors qu’il peut l’avoir gratuitement autre part. Si ce n’est pas une forme de vol par la loi, je ne sais pas ce que c’est.

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* Exécutoire: Permet l’utilisation de la force pour mener un but à sa fin, de le “mettre à exécution”. En république, terme essentiellement employé pour signifier qu’on peut vous envoyer les flics au cul pour vous obliger à faire quelque chose. En anarchie, seule l’auto-défense est exécutoire, c’est-à-dire que l’on n’use de la force que pour se défendre, soi ou d’autres. Les autres objectifs et buts visés, quels qu’ils soient, doivent être atteints par des moyens libres et volontaires.

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Stuck between myths and liberties

An article of Voix du Nord mentions the setting up of new detection equipment on the Calais harbor:

For Sir Charles Montgomery, head of the Border Force, this new scanner marks “the UK’s commitment to provide the most high-tech technology: it allows you to search for illegal immigrants whilst maintaining the fluidity of circulation.” In total, five scanners will be set up, at the french border, by the British for a total cost of 3 million euros: after that of the harbor, four others will be set up in the North department, one at the entrance of the Channel Tunnel.”

You read that right. The british state, whose economy is in recession and whose people is under hardship even more than ours, takes 3 million euros out of the taxpayers pockets, and out of the real economy, to stop people from accessing the island where their family resides, the island where they think they will find a job and a house, the island where they think they have a chance to get a decent life. One wonders by what right the british government forbids them the possibility to reunite with their family, or to try to get a better life for themselves.

It is too early still to know what the consequences of this scanner will be. A lot of measures are bypassed by crossing elsewhere, or by taking even greater risks. Doubtless more people will die. (But who cares, those people are not electoral majorities with the ability to defend their rights in our dear “democracies.”)

If nevertheless we imagine the british state manages to block the border more efficiently, we see the immediate consequence will be that more people find themselves blocked in France and along the coast. These people will take a longer time to cross, or will not cross. Once their dream is destroyed, part of them will take their hopes elsewhere.

Thus, the border closure game consists simply in placing human beings elsewhere than they initially wanted. Economically, and in a large perspective, it’s an enormous waste of time and money; it costs a lot of money to the population and to the migrants, and the basic result is the same, new people entering the labor market, maybe french rather than british, when it is already bleeding from capitalism, the one as much as the other, if not more.

If we move to what would happen under a regime of free movement, we immediately see a great number of costs would be taken out of the equation: people do not spend years on the streets or in the asylum system’s administrative limbo, a time during which they are sustained by the state and the associations; they do not lose their economies to smugglers and corrupt police; they can make themselves useful, learn the language, do trainings; police forces dedicated to the dirty work are reduced or reassigned; security measures are lessened, equipment resold or recycled; there are no more deaths at the border; there is less tension, less hatred, less injuries; etc. As always liberty is the best “system,” precisely because it isn’t a system; it fits perfectly with the rights and interests of all.

The simplicity of freedom of movement is such that even Madame Bouchart, right-wing mayor of Calais, and anti-migrants par excellence, cannot help mentioning open borders in a (sham) “migrants council” (without migrants) — even though as a “solution” to the “problem” of the presence of migrants in Calais, and not as an ethical demand. True justice makes things right, but on a wider perspective only. One does not do justice for personal convenience or to be rid of people of color. One does justice by moral obligation.

Speaking of the injustice of national border controls, you cannot stress enough how much of a sham nationalism is, a new mandatory religion that dictates your identity, your values and your loyalties, that arbitrarily takes control of a territory and pretends to govern the population in the name of a mythical people. A people that in reality never agreed to do anything whatsoever, and does not agree to do anything to this very day. In fact, the reality of this divided “people” is admitted, and a trick is found with the rule of the majority, for lying politicians scamming their electorate, on top of oppressing the opposition and the minorities. The best thing is, this “republic” has today more powers than the monarchy that preceded it, on the sole pretext of “representation.” (Politicians lie everyday, they represent and can represent no one but themselves. Democracy is a sham. See Spooner here and there.)

This nation therefore is an idea that does not exist and yet serves as a pretext to the very real and destructive power of the capitalist state. And the national borders — also delineated in the minds of nationalists — have no justification either. One day, nationalists fought among themselves to know up to what imaginary line they could project their forces and submit the populations. When the battles and massacres ended, they sat at a negotiating table and drew lines. They didn’t know no nation existed, and that this dominating power was inherently illegitimate. They said deserters and pacifists were traitors, but actually, they were the people who saw things correctly, and they are the people we celebrate today, not the barking, raging patriots.

This is where we are today with this border. Stuck between myths that won’t die and liberties that won’t bend.

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Coincés entre mythes et libertés

Un article de la Voix du Nord mentionne l’installation de nouveaux équipements de détection sur le port de Calais:

Pour Sir Charles Montgomery, le patron de la Border Force (la « PAF » anglaise), ce nouveau scanner marque « l’engagement du Royaume-Uni pour fournir la technologie la plus moderne possible : il permet de chercher des clandestins tout en maintenant la fluidité du trafic ». Au total, cinq scanners vont ainsi être mis en place, aux frontières françaises, par les Britanniques pour un coût total de 3 millions d’euros : après celui du port, quatre autres doivent être installés dans le Nord, dont un à l’entrée du Tunnel sous la Manche.

Vous avez bien lu. L’état britannique, dont l’économie est en récession et le peuple en difficulté plus encore que le nôtre, sort 3 millions d’euros des poches des contribuables, et donc de l’économie réelle, pour empêcher des personnes d’accéder à l’île où habitent leur famille, l’île où ils pensent qu’ils auront un travail et un logement, l’île où ils pensent avoir une chance de se faire une vie décente. On se demande de quel droit le gouvernement britannique leur interdit la possibilité de se réunir avec leur famille, ou de tenter d’obtenir une vie meilleure.

Il est encore trop tôt pour savoir quelles seront les conséquences de ce scanner ultra-performant. Nombre de dispositifs sont contournés soit en passant ailleurs, soit en prenant des risques encore plus importants. Sans doute que d’autres personnes perdront encore la vie. (Mais qu’importe, puisque ces personnes ne sont pas des majorités électorales capables de défendre leurs droits dans nos chères “démocraties.”)

Si nous imaginons cependant que les britanniques arrivent à bloquer leurs frontières plus efficacement aux clandestins, nous voyons que les conséquences immédiates seront que plus de gens se retrouveront bloqués en France et le long de la côte. Ces personnes mettront plus longtemps à passer, ou ne passeront pas. Leur rêve annihilé, une partie d’entre eux porteront leurs espoirs ailleurs.

Ainsi, le jeu de la fermeture des frontières consiste simplement à déplacer des êtres humains ailleurs qu’ils voulaient aller au départ. Économiquement, et dans une perspective plus large, c’est un énorme gâchis de temps et d’argent; cela coûte extrêmement cher aux populations et aux migrants, et le résultat de base est le même, à savoir que de nouvelles personnes entrent sur un marché du travail, peut-être français plutôt que britannique, alors que celui-ci est saigné à blanc par le capitalisme, l’un autant que l’autre, voire plus.

Si nous passons à ce qui se passerait sous un régime de libre mouvement, nous voyons immédiatement qu’un grand nombre de coûts seraient éliminés de l’équation: les gens ne passent plus des années à la rue ou dans les limbes administratives du système de l’asile, temps durant lequel ils sont soutenus financièrement par l’état et les associations; ils ne perdent plus leurs économies aux passeurs ou aux policiers corrompus; ils peuvent se rendre utile, apprendre la langue, faire des formations; les forces de police qui sont dédiées à la sale besogne sont réduites ou réaffectées; les dispositifs de sécurité sont amoindris, les équipements revendus ou recyclés; il n’y a plus de morts aux frontières; il y a moins de tensions, moins de haine, moins de blessés, etc. C’est comme toujours la liberté qui est le meilleur “système,” précisément parce que ce n’est pas un système du tout; elle épouse parfaitement les droits et les intérêts de tous.

La simplicité de la libre circulation est telle que même Madame Bouchart, la maire UMP de Calais anti-migrants par excellence, ne peut s’empêcher de mentionner lors d’un conseil des migrants l’ouverture des frontières — bien que comme “solution” au “problème” de la présence de migrants à Calais, et pas comme une exigence éthique. Il est vrai que la justice fait bien les choses, sur une longue perspective, mais on ne fait pas justice pour être bien servi ou pour être débarrassé de personnes de couleur. On fait justice parce qu’on en a l’obligation.

Au sujet de l’injustice du contrôle des frontières nationales, on ne dira jamais assez l’escroquerie du nationalisme, nouvelle religion obligatoire qui dicte votre identité, vos valeurs et vos allégeances, qui prend arbitrairement le contrôle d’un territoire et qui prétend gouverner sa population au nom d’un mythique peuple. Peuple qui dans la réalité ne s’est jamais entendu pour faire quoi que ce soit, et ne s’entend pas plus aujourd’hui même. En fait, cette réalité d’un “peuple” divisé est admise, et la parade est trouvée avec le vote majoritaire, pour des politiciens qui mentent et arnaquent leur électorat, en plus d’opprimer l’opposition et les minorités. Le plus beau, c’est que cette “république” a aujourd’hui plus de pouvoirs que la monarchie qui l’a précédé, sur le seul prétexte de la “représentation.” (Les politiciens mentent tous les jours, ils ne représentent et ne peuvent représenter personne d’autre qu’eux-mêmes. La démocratie est une arnaque. Voir Spooner ici et .)

Cette nation est donc une idée qui n’existe pas et qui pourtant sert de prétexte au pouvoir bien réel et destructeur de l’état capitaliste. Et les frontières -délimitées elles aussi dans les têtes des nationalistes- n’ont pas plus de justification. Un jour, les nationalistes se sont battus entre eux pour savoir jusqu’à quelle ligne imaginaire ils pourraient projeter leurs forces et soumettre les populations. Lorsque les batailles et les massacres cessèrent, ils s’assirent à une table de négociation, et dessinèrent des lignes. Ils ne savaient pas qu’aucune nation n’existait, et que ce pouvoir dominateur était en lui-même illégitime. Ils disaient que les déserteurs et les pacifistes étaient des traîtres, mais en fait, c’étaient ces gens là qui y voyaient juste, et ce sont ces gens-là que nous célébrons aujourd’hui, et pas les patriotes qui aboyaient de rage.

C’est là que nous en sommes aujourd’hui avec cette frontière. Coincés entre des mythes qui ne meurent pas et des libertés qui ne veulent pas se courber.

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Sionisme, auto-défense et auto-détermination: les fausses pistes de l’état national

L’auto-détermination des peuples, telle qu’on la conçoit généralement, n’est pas à même de justifier la création d’un état national, encore moins au travers du massacre et de l’expropriation de centaines de milliers de personnes innocentes; et pourtant, tel est l’héritage des nationalismes de la planète, y compris du nôtre, au travers de leurs guerres, de leurs déportations massives, de leurs répressions intérieures face aux rébellions et résistances des minorités vivant sur “leurs” territoires.

Cette entrée en matière peut paraître extrême. Même si les gens reconnaissent, par exemple, que la République a eu ses heures sombres, ils ne voudront pas associer ces heures sombres à un caractère profond en la République, mais juste à des erreurs passagères, qui aujourd’hui sont révolues. Cela n’a donc pas de conséquences pour la République en elle-même. Il n’y a pas lieu de se plaindre, ou de s’inquiéter, encore moins de détruire l’ordre actuel; tout ça n’est que du passé.

C’est peut-être de l’histoire aujourd’hui, mais c’était une actualité brûlante auparavant. Et ce n’était pas une coïncidence que tant de personnes aient été massacrées lors de la Terreur. C’était une affaire de pouvoir. Le pouvoir républicain nouvellement créé ne faisait pas encore l’unanimité, et la guillotine a tranché suffisamment de têtes pour que la république prévale. Le pouvoir utilise le meurtre et l’incarcération pour s’imposer et faire taire la dissidence lorsqu’elle est trop sérieuse, lorsqu’elle est une menace à la continuation de l’exercice de ce même pouvoir.

Il est vrai qu’en 1789 cette dissidence était principalement le pouvoir monarchiste précédent, qui possédait encore nombre d’adeptes, et qui était encore capable de renverser la toute jeune république. Mais ce n’est pas par respect pour l’état national qu’il fallait renverser la monarchie, mais uniquement par respect pour la liberté. Le tsarisme fut renversé, et l’état nouvellement créé en Russie ne fut au final pas moins tyrannique. Le renversement du tsarisme n’en était pour autant pas moins nécessaire. Par quoi aurait-il dû être remplacé, dans l’idéal?

A ce niveau, les lecteurs républicains et anarchistes se divisent. Et c’est bien là une division fondamentale sur laquelle j’insiste, et qui nous resservira plus tard dans cet article.

Nous savons tous qu’une nation constituée de millions de personnes ne peut pas convenir de réunion; ne peut pas avoir d’accord, de contrat, de pacte; ne peut pas prendre de décision commune. Les élections nationales, lorsqu’elles ont lieu, ont souvent pour premier gagnant le parti abstentionniste. Par conséquent, le peuple est incapable de former un état, de lui-même. L’état se forme sans lui. L’état n’est pas le peuple, mais une institution en dehors et au-dessus de lui, qui agit sur lui et qui tente depuis l’institution du suffrage universel de le refléter, mais sans grand succès. (Cette analyse ne prend pas en compte les peuplades qui ont la capacité de se réunir et de prendre des décisions collectives. Je considère ces cas comme des instances d’anarchisme et non d’étatisme.)

Les républicains adeptes de la théorie du contrat social pensent exactement l’inverse, et utilisent le vote et d’autres actes de participation tels le paiement des impôts, pour déduire un consentement tacite aux institutions de l’état. Bien sûr, l’état doit exister et agir avant de pouvoir demander le consentement; ce genre de raisonnement est donc circulaire et ne prouve rien. L’état est né sur des montagnes de cadavres; il n’y a pas si longtemps, il envoyait les déserteurs au bagne, il appelait les uns et les autres des traîtres, et les faisait fusiller. Aujourd’hui encore, des skinheads patrouillent les rues de Lille, et tabassent ceux qui ne sont pas assez “fiers d’être Français.” Et si la police ne fait pas de même, le cœur y est, vous pouvez me croire. Les temps ont changé, mais pas les principes de base qui sous-tendent le système et les réactions de ses adeptes. La France est “démocratique” par religiosité, et non par principe et respect des personnes. Elle projette sa démocratie ailleurs comme les religieux projettent leur système de croyance, par la violence et l’intimidation.

Mais mon première paragraphe paraît injuste pour une autre raison encore. Qui suis-je pour refuser l’auto-détermination de quelque peuple que ce soit? C’est un droit qui a enflammé des millions de personnes au sortir de la première guerre mondiale. L’auto-détermination est le droit qui se trouve au centre des principes de l’anarchisme. Alors pourquoi cette position? La raison pour laquelle cette auto-détermination est injustifiée — c’est-à-dire, qu’elle ne peut être mise en vigueur par une force proportionnelle au but désiré — est simplement que la définition d’un peuple, de son histoire, et de ses revendications territoriales légitimes n’est généralement pas établie sur des faits réels. Les revendications nationalistes sont souvent basées sur des mythes d’occupation originelle qui n’ont qu’un vague rapport avec la réalité. Elles font parfois aussi appel à des mythes de destinées collectives divines et/ou éternelles (par exemple, Clovis aurait créé la France en se faisant baptiser), qui doivent paraître complètement loufoques pour quiconque possède un esprit critique un minimum capable de discerner le vrai du faux.

Comme ce sont des mythes et des hypothèses, et même si les nationalistes y souscrivent avec toute la force de leur âme, elles n’ont aucune validité objective. Et l’état national est invalide pour la même raison qu’on ne peut accepter de pouvoir théocratique. Parce que Dieu est et restera une hypothèse non-vérifiée, sans quoi il n’y a plus lieu de parler de foi. Ses “commandements,” bien qu’obligatoires aux yeux des religieux, sont dans la loi peu de plus que des déclarations arbitraires, qui ont force de loi dans la mesure où ils expriment la loi (j’utilise ce terme de loi selon la conception jusnaturaliste à la fois ouverte et radicale de Charles Johnson*). La loi détermine ce qui est admissible et ce qui est obligatoire, et non les anciens livres religieux, quelle que soit la validité de tel ou tel psaume.

Maintenant que cela est posé, passons à un autre sujet qui est lié à la fausseté des revendications territoriales des nationalistes: le sionisme. Le sionisme est le nationalisme juif, avec ses propres myriades de branches et de variations, d’un extrême à l’autre, de la gauche à la droite, modérées et extrêmes. Malgré la variété des formes de ce nationalisme, tous ont bien entendu comme revendication minimale la création d’un état juif en Palestine.

Et là, il faut séparer deux choses: la création d’un état sur des terres volées ou expropriées, et la création d’un état sur des terres vides. Mettons de côté pour l’instant la critique anarchiste des états, en tant qu’institutions injustifiables d’oppression. Du point de vue (erroné) de la plupart des gens dans le monde, la deuxième possibilité, la création d’état sur des terres vides, est la seule que l’on puisse accepter, en accord avec les standards (incomplets ou erronés) de moralité. Pour cette raison, pendant longtemps, les sionistes ont prétendu que la Palestine était précisément cela: des terres vides d’habitants, que les juifs pouvaient donc occuper. Une terre sans peuple pour un peuple sans terre. Certains ont même prétendu que les palestiniens n’existaient pas en tant que peuple, et qu’ils n’étaient que des égyptiens, des jordaniens, voire même juste des arabes qui n’avaient rien à faire là. Des occupants sans droit ni titre.

Si, lorsque le mouvement sioniste prenait de la force au XIXème siècle, c’est par l’achat progressif de terres et l’installation de colonies dans le désert que les sionistes se sont peu à peu installés, la création même de l’état juif, qui nécessitait une reconnaissance internationale, n’a pas eu lieu avant la fin de la seconde guerre mondiale et l’holocauste. L’achat de terres était facilité par une situation particulière, comme le détaille l’article Aliénation d’une Patrie par Stephen Halbrook: l’Empire Ottoman ayant grandement appauvri la population palestinienne, de nombreux transferts de titres terriens ont été réalisés. Plus de la moitié des terres achetées par les sionistes l’ont été de propriétaires absentéistes lointains qui n’en avaient rien à foutre de la Palestine.

Et ce qui est capital, cet état n’a pas pu voir le jour, pour des raisons de contiguïté territoriale, sans que des centaines de milliers de personnes ne soient terrifiées lors d’une guerre civile où des milliers d’habitants furent massacrés, et où les autres ont fui leurs villes et leurs villages. Ces villes, ces villages, et d’autres terres, furent ensuite inclus dans le territoire du nouvel état juif, qui venait d’être créé. L’état juif, parce qu’il a nécessité des bains de sang et des vols de terres, n’a pas le droit d’exister, et doit disparaître, des réparations devraient être payées, des terres devraient être rendues. Voilà ce qui est requis par un traitement globalement neutre de la question de la naissance, de la légitimité, et donc de l’existence continue, de l’état juif.

Cette position est identique pour tout autre état ayant fait usage de violence pour se maintenir, et par conséquent, elle ne peut être liée à de l’antisémitisme. Les sionistes prennent prétexte que d’autres états sont dans le même cas, et que ceux-ci ne font pas l’objet de critique. C’est complètement faux. Mais plus important encore, la justice doit s’appliquer à tout un chacun, et l’ordre dans lequel elle est rendue ne peut pas constituer une discrimination. L’ordre de son application aux différents criminels et contrevenants n’a aucune espèce d’importance. En fait, en demandant à ce que les autres états voyous soient renversés avant eux, Israël et ses défenseurs démontrent qu’ils n’ont pas la moindre fibre morale ou compréhension du mal qu’ils font subir aux autres; ils demandent un traitement de faveur par rapport aux autres; ils demandent à ce qu’on les laisse continuer. Car qui peut demander à la justice d’être retardée? Seulement ceux qui considèrent que ce n’est pas de la justice d’être arrêtés dans leurs crimes; ceux qui considèrent qu’ils ont parfaitement le droit de massacrer des civils par centaines, par le biais de campagnes de bombardement intensives.

Pour beaucoup de personnes, demander la disparition de l’état juif équivaut à établir un permis de tuer. Ce n’est pas le cas, puisqu’il est possible de se défendre sans état. Il est même plus simple d’obtenir sécurité et respect sans lui, puisque l’état est une institution violente et productrice de rancœur et de vengeance, entre minorités soumises et majorités régnantes. Rien de bon et de durable ne peut naître d’une fondation de violence et d’exploitation, cela devrait être évident. (C’était aussi la position de Mohandas Gandhi.) Mais la nécessité de l’état juif pour la sécurité de la communauté juive est tenue comme un axiome incontestable. Ce n’est malheureusement pas une spécificité du mouvement sioniste.

Les nationalistes français, et leurs coreligionnaires de gauche et de droite, croient eux-mêmes que l’état national est la seule institution à même d’assurer efficacement et durablement la sécurité de ses citoyens. C’est faux. La réalité est même inverse: au contraire d’assurer leur sécurité et leur prospérité, nous voyons qu’aujourd’hui par ses politiques de harcèlement et de paupérisation massives, elle assure un état d’insécurité et de pauvreté générales. Et que si, ici et là, la police est en position d’assurer un certain degré de protection, de manière anecdotique, la haine qu’elle pourvoie et les politiques agressives et opprimantes qu’elle exécute, sont telles que le contrecoup n’en vaut tout simplement pas la peine. Les français doivent abandonner leur état pour retrouver la paix sociale.

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* Dans l’intérêt de cet essai, le concept de la loi naturelle peut rester un concept assez fin, compris simplement comme identique à tout ensemble de normes pré-légales qui justifient les revendications légitimes d’autorité légale, et qui sapent les revendications illégitimes d’autorité légale. Ce que sont ces normes est à déterminer à travers l’enquête éthique, et non l’inspection scientifique de la nature. Le terme naturel est ici pris seulement en contraste avec le terme artificiel, c’est-à-dire que la loi naturelle, quelle qu’elle puisse être, est quelque chose d’antérieur et d’indépendant du travail de tout législateur particulier. Donc on ne devrait pas la confondre avec le genre de loi naturelle qui garde les planètes en orbite selon des sections coniques, ou avec diverses tentatives grossières de déclarer certaines pratiques sexuelles ou arrangements économiques contraires à la nature et donc moralement dépravés. Dans l’intérêt de cet essai, la théorie de la loi naturelle n’a pas non plus besoin d’avoir la moindre connexion avec une théorie robuste de la téléologie, qu’elle soit Aristotélicienne ou Thomicienne. Toute théorie éthique qui comprend des normes objectives de justice sera en accord avec la notion de loi naturelle utilisée ici.

- Une place pour la loi positive, Charles Johnson

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