Pour le “piratage,” ou le droit à la copie digitale

Il paraît que nous devons mettre fin au piratage pour sauver l’industrie du disque. Ce qui suit est mon avis tranché et énervé.

Pour commencer, je possède moi-même deux blogs, et j’ai déjà participé à des journaux militants, je suis donc aussi créateur. Il y a ce blog-ci, “Justice et Anarchie,” anciennement “No mercy” né de la lutte No Border, et il y a “Lectures enrichissantes,” anciennement “Connection,” mon blog de traduction et de sous-titrage sur lequel je poste des vidéos et textes que j’ai sous-titrés, traduits ou scannés. Mes blogs ne reconnaissent aucun droit d’auteur autre que celui de l’attribution, ainsi qu’une certaine revendication morale (mais non-exécutoire*) à la rémunération; mais créer une œuvre ne signifie pas gagner le droit à une rente perpétuelle, pour soi, sa famille et ses descendants. Le droit intellectuel est un droit artificiel, arbitraire, positif, ‘contre-nature’, qui n’existe que pour sauver les intérêts d’une classe de privilégiés: les artistes et les maisons de disque qui font des millions en vendant souvent de la mauvaise qualité. Nous sommes tous créateurs et partageurs, surtout avec Facebook et les autres réseaux sociaux, mais il faudrait oublier cela et donner du fric à Pascal Nègre.

J’ai remarqué que nous étions considérés comme des criminels à jeter en prison; Pascal Nègre prétend que nous sommes des voleurs. En réalité, les vrais voleurs sont les artistes et les majors qui vivent de notre argent extorqué sous la menace; en effet, la copie digitale est un acte parfaitement légal réalisé sur des ordinateurs payés et possédés, avec des CD payés et possédés, et il en va de même du partage de musique par connexion internet, elle aussi légalement payée et utilisable. Où est la violation? Je peux envoyer un PDF ou une image à un ami? Je peux aussi lui envoyer un MP3 ou un fichier FLAC. La technologie a essentiellement détruit l’industrie du disque, et celle-ci a décidé de nous mettre la honte pour sauver ses fesses et son fric. Ce qu’ils ne peuvent pas empêcher par la force, ils le feront en utilisant la persuasion “morale,” sur la base de principes faux.

Le mouvement pour le “piratage” s’occupe assez peu du terrain des principes, et pourtant, c’est de là que tout le mal découle. Nous voyons à la télé une publicité qui montre que le piratage est un crime qui peut faire venir une équipe du SWAT américain chez vous. Quel bonheur! Nous vivons donc dans un état policier où le “crime” de partager de la musique et des vidéos par internet est combattu par l’ultra-violence américaine? Le pire, c’est sans doute que le citoyen de la pub ne s’en indigne pas: cet épisode n’est qu’un souvenir qui explique pourquoi il prend un abonnement à une chaîne privée qui lui permet de payer sa musique, alors qu’il peut l’avoir gratuitement autre part. Si ce n’est pas une forme de vol par la loi, je ne sais pas ce que c’est.

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* Exécutoire: Permet l’utilisation de la force pour mener un but à sa fin, de le “mettre à exécution”. En république, terme essentiellement employé pour signifier qu’on peut vous envoyer les flics au cul pour vous obliger à faire quelque chose. En anarchie, seule l’auto-défense est exécutoire, c’est-à-dire que l’on n’use de la force que pour se défendre, soi ou d’autres. Les autres objectifs et buts visés, quels qu’ils soient, doivent être atteints par des moyens libres et volontaires.

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