Loi Bouchart passée: l’Empire des Enfoirés est déclaré

NOTE: Je me suis emporté un peu vite vis-à-vis de cette loi. Cf ce communiqué du DAL et ce billet du blog Passeurs d’hospitalités.


Je re-partage cette information parce que c’est tellement grave:

Le projet de loi déposé par Natacha Bouchart, après la multiplication de squats de migrants ou de leurs soutiens au centre-ville de Calais, prévoit un « délit de flagrance permanent » dès lors qu’un squat est constaté. Le délai de flagrant délit est aujourd’hui de 48 h : au-delà, le propriétaire du bien doit entamer une procédure judiciaire pour en demander l’évacuation. « Ce délai est un délai d’usage, à aucun moment il n’est inscrit dans la loi. Le texte proposé remet donc l’usage en conformité avec l’écrit », rappelle Natacha Bouchart.

Le squat représentait la possibilité de s’héberger soi-même dans un logement vacant, ce qui est très positif pour la dignité humaine, même si le propriétaire distant en est mal à l’aise. Le squat, c’était les pauvres qui prenaient un peu de pouvoir sur leur vie, dans une société de chômage de masse, d’injustice sociale, d’inégalités montantes, de corruption, de favoritisme. Dans une société, pour résumer, où il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir, très, très loin de là. Dans une société où, pour avoir une aide, il faut se soumettre à tous types de contrôles, ce qui est intolérable aux personnes qui tiennent à leur dignité.

Mais les sentiments des propriétaires absents et lointains sont plus importants que les besoins fondamentaux des pauvres. J’aime à penser qu’on avait un certain équilibre en France, entre la propriété à distance du capitalisme et le besoin fondamental d’un toît au-dessus de sa tête. Le propriétaire était dans son droit à récupérer son bien, la personne sans logis avait un délai (sauf en cas de flagrance, ce qui est maintenant toujours le cas), l’expulsion avait lieu au bout de quelques mois. C’était pas chouette, mais c’était un peu humain.

Cet équilibre précaire a été rompu. Aujourd’hui, c’est bien le règne total de la loi du plus riche, les pauvres peuvent crever dehors, et s’ils rentrent quelque part d’abandonné pour s’abriter et dormir en sécurité et en dignité, c’est l’expulsion immédiate quelque soit le degré d’habitation, quelqu’en soit la durée, pour peu que la police vous ait découvert.

MAUDITS SOIENT CEUX QUI ONT VOTE CETTE MERDE LEGISLATIVE. Ils sont bien lotis, bien payés, n’ont jamais connu la galère et ne la connaîtront jamais. Ils sont arrivés à une position de privilège et ils seront pour toujours protégés. A leurs yeux, les pauvres doivent constituer un peuple étranger et dangereux. Un peuple qu’il faut criminaliser, mettre en prison, placer et déplacer, mettre sous contrôle étroit. La liberté, l’égalité et la fraternité, ce n’est pas pour eux. « Ils viennent dans nos maisons (secondaires), » pensent-ils, et c’est tout ce qu’ils pensent. Et c’est pour protéger leurs maisons secondaires inhabitées, contre des occupations de quelques mois par des exclus et des pauvres, qu’ils changent les lois pour établir l’arbitraire total et la misère obligatoire pour les plus pauvres et les plus exclus. Je ne peux pas assez souligner à quel point cette loi est dégueulasse.

Bienvenu(e)s dans la France du vingt et unième siècle.

Note: Je voudrais aussi que vous ayez connaissance du contexte de mensonge et de propagande qui entoure le vote de cette loi. Pour cela je citerais un article de Séverine Meyer:

Cette proposition de Mme Bouchart était basée sur l’histoire du Squat Hugo, dont les faits ont été allègrement déformés par la municipalité.  En effet, Mme Bouchart a insisté sur une histoire de petite mamie qui se serait retrouvée à la rue en sortant de l’hôpital car des No Border squattaient sa maison avec des migrants… En réalité, la propriétaire de 80 ans n’avait jamais habité cette maison qui était vide depuis deux ans.  Les No Border avaient ouvert ce squat pour y loger (et donc mettre à l’abri du danger) des femmes (dont certaines enceintes) et des enfants.

C’est donc sur une communication basée sur un mensonge que ce projet de loi a fait son apparition…

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