République Française et Dictature Nazie

Plus d’un mois après le décès de la militante Marie-Noëlle Gues, nous voudrions honorer sa mémoire en mettant en ligne deux chapitres d’un livre dont elle avait parcouru certains passages importants, et qui renseigneront beaucoup sur les raisons pour lesquelles elle tenait à appeler fasciste et collabo toute personne liée directement ou indirectement au système de déportation et d’enfermement actuel.

Ce livre, c’est They thought they were free (Ils pensaient qu’ils étaient libres). Il n’existe pas en français, et ce n’est peut-être pas étonnant. Moins de dix ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, un journaliste américain d’origine allemande, Milton Mayer, s’embarque pour l’Allemagne. Il s’installe dans la ville de Kronenberg, et tente de comprendre comment des personnes à priori fort religieuses et conservatrices, ou issues d’une telle culture, ont pu se joindre à un tel mouvement.

Bien que Marie-Noëlle répudiait toujours le socialisme dans le terme Nazisme, indiquant toujours que le Nazisme était un outil de destruction du mouvement travailleur, donc ennemi, le régime Nazi a fonctionné pour une grande partie de la population. Cette partie que l’auteur juif du livre a côtoyé, sans révéler sa religion, et tenté de comprendre au cours de nombreuses conversations qu’il a enregistrées. Au terme de la lecture du livre, il est indéniable que le Nazisme a aidé un grand nombre de personnes, qu’il a créé un grand nombre d’emplois, qu’il organisait des activités sociales pour les gens.

Alors quoi, sommes-nous Nazis? Non. C’était là la facette du régime qui était destinée aux ‘bons’ allemands, à l’opposé des communistes, des catholiques, des homosexuels et des juifs. Cela est connu. Il y avait donc véritablement deux Allemagnes, deux réalités dans un seul pays. Et le dernier ressort, la décence de base de la population, qui, même acquise au Nazisme, n’envisagerait jamais le meurtre massif des Juifs, était inactif. L’apathie, l’indifférence, la tromperie, et la peur régnaient en maître.

La guerre a mis un terme à toute velléité de révolte. Qui veut renverser le gouvernement en pleine guerre? Le programme de génocide a pu être lancé parce que les Nazis savaient que les gens ne s’opposeraient pas dans ces circonstances, que le dernier contre-pouvoir ne se soulèverait pas d’indignation pour les renverser. Il faut arrêter de dire que la guerre a empêché les Nazis de tuer les Juifs. C’est exactement l’inverse qui a eu lieu.

Aujourd’hui en France, toute allusion à ce passé outre-Rhin est balayée de la main. Rejetée. Nous voudrions cependant rappeler qu’avant d’être Dictature, l’Allemagne était Démocratie. Qu’il y avait une forte culture d’obéissance dans cette démocratie efficace, et que c’est cette culture de verticalisme, qui ne veut rien savoir de ceci ou de cela, que Vichy a voulu appliquer, et qui a été conservée, et que nous retrouvons aujourd’hui même, à tous les échelons gouvernementaux, et dans tous les coins et recoins de la police française. Sans cet esprit d’obéissance, la République se désagrège et le peuple est libéré et maître de lui-même, ne tolérant plus l’intolérable. On ne peut laisser cela se passer.

Nous enfermons des millions de personnes, nous les privons de leur liberté pour les raisons les plus ridicules qui soient. Dans le cas des frontières, c’est parce qu’il faut consulter Guéant avant de poser le premier orteil sur le sol sacré de la France Éternelle. Si nous pouvons les enfermer, qu’est-ce qui nous empêche de les tuer? Ce qui compte c’est le potentiel, et non les intentions, bonnes ou non, des personnes au pouvoir. Le pouvoir peut être détourné par une bande aux dessins meurtriers, comme il l’a été sous le régime Nazi, et graduellement grandir encore et encore, sans que le peuple s’en rende compte.

Nous pensons que vous avez le devoir de lire ces chapitres, et de les diffuser partout. Et nous vous demandons: qu’est-ce que vous faites? Où est-ce que vous êtes? On ne vous voit nulle part. Vous allez de votre maison à votre travail à votre maison, parfois au bar, et retour immédiat à la maison. Le dernier contre-pouvoir, le véritable contre-pouvoir, c’est nous tous. Et sans notre vigilance, sans notre résistance, le pouvoir prendra des libertés avec nos libertés, et écrasera de plus en plus d’innocents pour des raisons de plus en plus folles.

http://pdfcast.org/download/qu-est-ce-que-vous-auriez-fait-1.pdf

http://pdfcast.org/download/mais-alors-il-tait-trop-tard.pdf

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