Les sans limites

Il y a quelques semaines, une des activistes de No Border a comparu devant le tribunal de Boulogne pour une vieille affaire de diffamation au sous-préfet Mr Gavory. Son avocat, Me Bertrand Domenach, aurait déclaré que No Borders signifiait ‘pas de limite’ et que cette activiste était donc une quasi-délinquante, et même, que ses photos du port étaient peut-être prises en préparation d’actes terroristes. Le journal La Voix du Nord a mentionné ce passage de la militante au tribunal et cité la conclusion de l’avocat du préfet, à savoir que la militante avait dépassé “les limites de la liberté d’expression.”

Je ne sais pas d’où vient cette conception que la liberté a des limites. J’imagine que si les étatistes répètent suffisamment souvent cette impossibilité logique, nous pourrons continuer à faire semblant d’être d’accord.

Mais cela est fort à propos, puisque le mouvement anarchiste, dans ses diverses branches, est souvent brandi comme un mouvement sans limite, et donc irresponsable, destructeur. La réalité est inverse: l’état, qui pose les limites comme il l’entend, et qui est le détenteur d’un pouvoir quasi-insurmontable sur une zone géographique donnée, est précisément celui qui n’a pas de limites dans sa toute-puissance législative. Voici d’ailleurs une citation de Proudhon qui donne un début d’idée sur ceux qui n’ont pas de limites entre les anarchistes et les étatistes:

Être GOUVERNÉ c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu… Être GOUVERNÉ, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d’utilité publique, et au nom de l’intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale! – Idée Générale de la Révolution au XIXème Siècle

Les criminels en uniforme [dorénavant, CEU], que l’on surnomme ‘policiers,’ prenant sans doute exemple sur l’organisation ci-dessus décrite, l’organisation pour laquelle ils travaillent, l’organisation qui les a formés toute leur vie, se comportent naturellement avec leurs cibles comme si leur volonté devait être faite, par-delà la justice et la liberté. Cela est arrivé à nouveau il y a peu, et à chaque contrôle d’identité cela doit arriver, puisque demander des papiers représente déjà une forme de contrôle arbitraire. D’ailleurs, ils appellent ceci un ‘contrôle de police,’ et si j’étais vous, je prendrais l’expression au sérieux. Ils vous contrôlent, ils vous ordonnent, ils vous alignent sur un banc, ils vous encerclent, ne bougez plus, reculez, ne mettez pas les mains dans vos poches, etc.

Un commentateur sur la vidéo d’un des activistes, sur le site DailyMotion, a d’ailleurs déclaré: ‘La loi c’est la loi. Elle est faite pour être respectée par tous. Si un policier vous demande de sortir de votre véhicule, vous êtes dans l’obligation d’obéir! Un migrant n’a pas de raison de ne pas sortir de sa tente si un policier le lui ordonne.’

Pareillement, lorsque nous avons attendu l’arrivée de la police au squat Eritréen, moi et P, les CRS présents ont empêché P d’utiliser son téléphone portable pour appeler nos amis. C’est-à-dire, ils ont tenté de prendre son portable, et il a résisté; le portable est resté dans les mains de P, mais il est aussi resté fermé. Cela est arrivé à J également. Que je montre des signes de résistance verbale, et tout de suite les CRS s’agitent, me repoussent. ‘Vous ne pouvez pas appeler pendant un contrôle.’ Je suis un peu scandalisé. ‘Et quoi d’autre ? _ Ho là.’ [Le CRS me bouscule.] ‘Ceci est un contrôle de police. Alors vous respectez ce qu’on vous dit. On a été gentils avec vous jusque là.’

En fait, c’est à nous tous de dire ça. Nous avons été gentils, trop gentils, avec la police, et l’état. Je suis légèrement fatigué et je dois dormir avant de repartir en patrouille demain. Alors je vais me contenter de citer deux ou trois personnes dont je trouve que les textes sont assez appropriés au sujet que j’ai abordé cette nuit.

Lysander Spooner:

Laissez-moi donc vous rappeler que la justice est un principe immuable, naturel; et qu’elle n’est rien qui ne puisse être fait, défait, ou altéré par tout pouvoir humain.
C’est aussi une science, et elle doit être apprise, comme les mathématiques, ou toute autre science. Elle ne découle pas son autorité des ordres, de la volonté, du plaisir, ou du jugement de toute combinaison possible d’hommes, qu’ils s’appellent gouvernement, ou par tout autre nom.
Elle est aussi, en tous temps, et dans tous les lieux, la loi suprême. Et étant partout et toujours la loi suprême, elle est nécessairement partout et toujours la seule loi.
Les législateurs, comme ils s’appellent, ne peuvent rien y ajouter, ni rien en retrancher. Donc, toutes leurs lois, comme ils les appellent, — c’est-à-dire, toutes les lois qu’ils ont créées, — n’ont pas la moindre autorité ni la moindre obligation. C’est un mensonge de les appeler des lois; car il n’y a rien en elles qui ne crée les droits ou les devoirs des hommes, ou les informe sur leurs droits ou leurs devoirs. Il n’y a pas conséquent rien de contraignant ou d’obligatoire en elles. Et personne n’a l’obligation d’en prendre la moindre connaissance, si ce n’est pour les piétiner, comme des usurpations. Si elles ordonnent aux hommes de faire justice, elles n’ajoutent rien à l’obligation des hommes de la faire, ou au droit de tout homme de la faire appliquer. Elles sont donc comme le vent, comme le seraient des ordres de considérer que le jour est le jour, et que la nuit est la nuit. Si elles ordonnent ou permettent à tout homme de commettre une injustice, elles sont immédiatement criminelles. Si elles ordonnent à tout homme de faire quoi que ce soit que la justice ne demande pas de lui, elles sont de simples usurpations et des tyrannies. Si elles interdisent à tout homme de faire quoi que ce soit, que la justice pourrait lui permettre de faire, elles sont des invasions criminelles de sa liberté naturelle et légitime. Sous toutes les perspectives, donc, elles sont entièrement dépourvues de tout ce qui ressemble à de l’autorité ou de l’obligation. Elles sont toutes nécessairement soit les usurpations arrogantes, frauduleuses, et criminelles des tyrans, des voleurs, et des meurtriers, soit l’oeuvre d’hommes ignorants ou idiots, qui ne savent pas, ou certainement qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. —-Letter to Grover Cleveland

Arthur Silber:

La loi n’est pas une Forme Platonique cueillie dans les cieux par les Coeurs Purs. Les lois sont écrites par des hommes, des hommes qui ont des intérêts particuliers, des circonscriptions particulières, des donateurs particuliers, et des amis particuliers. (La même chose est vraie pour les femmes, bien sûr. Mais pendant la majeure partie de notre histoire, ce n’était qu’hommes et hommes. Des hommes blancs et hétéros, pour être plus précis; cf ici7 et ici8.) Les lois sont les moyens particuliers par lesquels l’Etat met en oeuvre et exécute ses vastes pouvoirs. Quand un Etat de plus en plus autoritaire passe un point important dans son développement, la loi n’est plus le protecteur des droits et de la liberté des individus. La loi devient l’arme de l’Etat lui-même — pour protéger, non pas vous, mais l’Etat des menaces à ses propres pouvoirs. Nous avons passé ce point important il y a plusieurs décennies. La loi est le moyen par lequel l’Etat enferme ses sujets, les garde sous contrôle, et leur interdit d’agir d’une manière que les propriétaires pourraient percevoir comme menaçante. En bref, aujourd’hui, dans ces glorieux Etats-Unis, la loi n’est pas votre amie. […] Dans un Etat autoritaire, la loi n’est pas créée pour protéger le citoyen ordinaire et son ou ses droits. Le but de la loi est de vous contrôler, de limiter vos choix dans tous les aspects de votre vie et, quand c’est nécessaire, de vous emprisonner et de vous détruire. Je répète : la loi n’est pas votre amie. […] Notez, également, la révérence inconditionnelle à la loi. Ce que le gouvernement et les compagnies de télécommunications ont fait était illégal, et Greenwald met le mot en gras dans son texte pour qu’on réalise à quel point cela est terrible. Quelle est l’implication ? Que s’ils avaient eu des mandats et rendu l’espionnage légal, tout serait nickel chrome ? Dois-je vous rappeler que le but même de la cour secrète nommée FISA12 était depuis sa naissance d’enlever au 4ième Amendement* tout son sens et toute sa force ? (Cf Jonathan Turley13 à ce sujet.) Dois-je vous rappeler que la FISA accorde pratiquement tous les mandats qui sont demandés ? Dois-je vous rappeler que toutes les dictatures ont des lois ? La question n’est pas de savoir si une activité se conforme à la loi. La question est “Est-ce que la loi protège les droits individuels, est-ce que la loi est défendable”.
—-It’s Called the Ruling Class Because it Rules

Thomas d’Aquin:

Comme le dit Augustin, ce qui n’est pas juste ne semble pas être loi du tout; d’où la force de la loi dépend de la mesure dans laquelle elle est juste. […] En conséquence, toute loi humaine a la nature de la loi seulement dans la mesure où elle découle de la loi de la nature. Mais si, en un seul point, elle dévie de la loi de la nature, elle n’est plus une loi mais une perversion de la loi. […] quand une autorité impose sur ses sujets des ‘lois’ suffocantes contribuant non au bien commun mais plutôt à sa propre cupidité et vanité [….] ces genres de lois sont des actes de violence plutôt que des lois [….] d’où de telles “lois” ne contraignent pas la conscience [….] Un gouvernement tyrannique n’est pas juste […] Par conséquent, il n’y a pas de sécession dans la perturbation d’un gouvernement de ce genre [….] Effectivement, c’est le tyran, plutôt, qui est coupable de sécession [….] Si une chose est en elle-même contraire au droit naturel, la volonté humaine ne peut pas la rendre juste…. —-Summa Theologiæ

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One Response to Les sans limites

  1. littlehorn says:

    A few weeks ago, one of the No Borders activists appeared at Boulogne’s tribunal for an old case of libel of the sous-prefect Mr Gavory. His lawyer, Attorney Bertrand Domenach, would have declared that No Borders meant in French ‘no limit’ and that this activist was therefore a quasi-delinquant, and even, that her pictures of the docks may be taken with terrorist acts in view. La Voix du Nord has mentioned this appearance of the militant at the tribunal and quoted the conclusion of the prefect’s lawyer, viz. that the militant had crossed “the limits of freedom of speech.”

    I do not know where this conception that liberty has limits comes from. I guess that if statists repeat this logical impossibility often enough, we will be able to…uhh…continue to pretend that we agree.

    But this is quite à propos, since the anarchist movement, in its various branches, is often branded a limit-less movement, and thus irresponsible, destructive. The reality is the reverse: the state, which establishes the limits as he sees fit, and who is the holder of a quasi-unsurmountable power on a given geographical area, is precisely the one who has no limits in its legislative omnipotence. Here is a quote by Proudhon which gives an idea who has no limits between anarchists and statists:

    To be GOVERNED is to be watched, inspected, spied upon, directed, law-driven, numbered, regulated, enrolled, indoctrinated, preached at, controlled, checked, estimated, valued, censured, commanded, by creatures who have neither the right nor the wisdom nor the virtue to do so. To be GOVERNED is to be at every operation, at every transaction noted, registered, counted, taxed, stamped, measured, numbered, assessed, licensed, authorized, admonished, prevented, forbidden, reformed, corrected, punished. It is, under pretext of public utility, and in the name of the general interest, to be place[d] under contribution, drilled, fleeced, exploited, monopolized, extorted from, squeezed, hoaxed, robbed; then, at the slightest resistance, the first word of complaint, to be repressed, fined, vilified, harassed, hunted down, abused, clubbed, disarmed, bound, choked, imprisoned, judged, condemned, shot, deported, sacrificed, sold, betrayed; and to crown all, mocked, ridiculed, derided, outraged, dishonored. That is government; that is its justice; that is its morality. – General Idea of the Revolution in the Nineteenth Century

    The criminals in uniform [from now on, CIU], which we call ‘policemen,’ probably taking as example the organisation described above, the organisation for which they work, the organisation which has educated them all their life, naturally behave with their targets as if their will had to be done, beyond justice and liberty. This happened again not long ago, and at each identity control it must happen, for to even ask for ID is already a form of arbitrary control. Hence, they call it a ‘police control,’ and if I were you, I’d take the expression seriously. They control you, they order you, they have you line up on a bench, they surround you, don’t move, back off, don’t put your hands in your pockets, etc.

    A commenter on the video of one of the activists, on the DailyMotion website, said: ‘Law is law. It’s there to be respected by each and everyone. If a policeman asks you to get out of your car, you are under the obligation to obey! There’s no reason a migrant could refuse to get out of his tent if a policeman orders him to.’

    Likewise, when we were waiting for police to arrive at the Eritrean squat, me and P, the CRS there stopped P from using his cellphone to call our friends. That is, they tried to take his cellphone, and he resisted; the cellphone stayed in P’s hands, but it also remained shut. The same happened to J as well. As soon as I show a sign of verbal resistance, the CRS are getting agitated and push me back. ‘You cannot call during a control.’ They said. I’m a little outraged. ‘What else? _ Wo there.’ [The CRS hits my chest and pushes me back.] ‘This is a police control. So you respect what we tell you. We’ve been nice with you until now.’

    Actually, that’s our line. We have been nice, way too nice, with the police, and the state. I’m slightly tired and I need to sleep before going back on patrol tomorrow morning. So I’ll just content myself with quoting two or three persons whose texts I find quite relevant to the subject I addressed tonight.

    Lysander Spooner:

    Let me then remind you that justice is an immutable, natural principle; and not anything that can be made, unmade, or altered by any human power.
    It is also a subject of science, and is to be learned, like mathematics, or any other science. It does not derive its authority from the commands, will, pleasure, or discretion of any possible combination of men, whether calling themselves a government, or by any other name.
    It is also, at all times, and in all places, the supreme law. And being everywhere and always the supreme law, it is necessarily everywhere and always the only law.
    Lawmakers, as they call themselves, can add nothing to it, nor take anything from it. Therefore all their laws, as they call them, — that is, all the laws of their own making, — have no color of authority or obligation. It is a falsehood to call them laws; for there is nothing in them that either creates men’s duties or rights, or enlightens them as to their duties or rights. There is consequently nothing binding or obligatory about them. And nobody is bound to take the least notice [*4] of them, unless it be to trample them under foot, as usurpations. If they command men to do justice, they add nothing to men’s obligation to do it, or to any man’s right to enforce it. They are therefore mere idle wind, such as would be commands to consider the day as day, and the night as night. If they command or license any man to do injustice, they are criminal on their face. If they command any man to do anything which justice does not require him to do, they are simple, naked usurpations and tyrannies. If they forbid any man to do anything, which justice could permit him to do, they are criminal invasions of his natural and rightful liberty. In whatever light, therefore, they are viewed, they are utterly destitute of everything like authority or obligation. They are all necessarily either the impudent, fraudulent, and criminal usurpations of tyrants, robbers, and murderers, or the senseless work of ignorant or thoughtless men, who do not know, or certainly do not realize, what they are doing. —-Letter to Grover Cleveland

    Arthur Silber:

    The law is not some Platonic Form plucked from the skies by the Pure in Heart. Laws are written by men, men who have particular interests, particular constituencies, particular donors, and particular friends. (The same is now true of women as well, of course. But for most of our history, it was men and only men. Straight, white men, to be precise; see here and here.) Laws are the particular means by which the state implements and executes its vast powers. When an increasingly authoritarian state passes a certain critical point in its development, the law is no longer the protector of individual rights and individual liberty. The law becomes the weapon of the state itself — to protect, not you, but the state from threats to its own powers. We passed that critical point some decades ago. The law is the means by which the state corrals its subjects, keeps them under control, and forbids them from acting in ways that the overlords might perceive as threatening. In brief, today, in these glorious United States, the law is not your friend. […] In an authoritarian state, the law is not designed to protect the ordinary citizen and his or her rights. The law’s purpose is to control you, to limit your choices in every area of your life and, when necessary, to imprison and destroy you. I repeat: the law is not your friend. […] Note, too, the unquestioning reverence for “the law.” What the government and the telecoms did here was illegal, as Greenwald bolds the word in his original text just so we realize how truly terrible this is. What’s the implication? If they had gotten warrants and made the spying legal, everything would be peachy keen? Must I remind you that the very purpose of the secret FISA court from its inception was to largely strip the Fourth Amendment of all meaning and force? (And see Jonathan Turley here on the same point.) Must I remind you that FISA grants virtually every warrant that is requested? Must I remind you that every dictatorship has laws? The question is not whether a given activity conforms to the law. The question is whether the law protects individual rights, and whether the law is defensible.
    —-It’s Called the Ruling Class Because it Rules

    Thomas d’Aquin:

    “As Augustine says, that which is not right seems to be no law at all; wherefore the force of a law depends on the extent to which it is right. … Consequently, every human law has the nature of law only to the extent that it is derived from the law of nature. But if, in any point, it deviates from the law of nature, it is no longer a law but a perversion of law. … when an authority imposes on his subjects burdensome ‘laws’ conducive not to the common good but rather to his own cupidity and vainglory …. the like are acts of violence rather than laws …. wherefore such ‘laws’ do not bind in conscience …. A tyrannical government is not right … Consequently, there is no sedition in disturbing a government of this kind …. Indeed, it is the tyrant, rather, that is guilty of sedition …. If a thing is of itself contrary to natural right, the human will cannot make it right ….” —-Summa Theologiæ

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